Les
membranes contiennent à la fois des protéines et des lipides en proportions
variables. Les membranes plasmiques bactériennes ont en proportion plus de
protéines que les membranes eucaryotes, vraisemblablement par ce qu'elles
remplissent de nombreuses fonctions prises en charge par les membranes d’autres
organites chez les eucaryotes. La plupart des lipides de la membrane sont
structurellement asymétriques avec un côté polaire et un côté non polaire,
Les
membranes cellulaires sont des structures très minces d'environ 5 à 10 nm
d'épaisseur qui ne peuvent être observées qu'au microscope électronique. La
technique de cryodécapage est utilisée pour cliver la membrane entre les deux
couches lipidiques, la séparant en deux et exposant la partie interne. De cette
façon, on a découvert que de nombreuses membranes plasmiques ont une structure
interne complexe. Les petites particules globulaires observées dans ces
membranes seraient des protéines membranaires localisées à l'intérieur de la
bicouche lipidique.
Le
modèle le mieux accepté de la structure membranaire
est le modèle en « mosaïque fluide» de S. Jonathan
Singer et Garth Nicholson. Ils distinguent deux types de protéines membranaires.
Les protéines extrinsèques ou périphériques sont associées
à la membrane de manière relativement faible et peuvent être
facilement libérées. Elles sont solubles dans
des solutions aqueuses et elles représentent 20 à 30% des
protéines membranaires totales. Environ 70 à 80% des
protéines membranaires sont intrinsèques ou intégrales. Elles ne sont
pas facilement extraites des membranes
et sont insolubles dans des solutions aqueuses
en l'absence de lipides.
Les
protéines intrinsèques comme les lipides membranaires sont amphipathiques ;
leurs régions hydrophobes sont enfouies dans la couche lipidique tandis
que les portions hydrophiles forment des protubérances à la surface de
la membrane Certaines de ces protéines traversent même toute la couche
lipidique. Les protéines intrinsèques peuvent se déplacer latéralement. Mais
elles ne peuvent pas faire volte-face ou se retourner dans la couche lipidique.
Des glucides sont souvent attachés à la surface externe des protéines de la
membrane plasmique et doivent avoir un rôle important.
La
membrane cellulaire est donc une structure très organisée et asymétrique qui
est aussi flexible et dynamique. Bien que toutes les membranes soient
construites sur le même modèle, elles varient largement quant à leur structure
et leurs capacités fonctionnelles. Ces différences sont si grandes et si
caractéristiques que la chimie de la membrane peut être un critère
d'identification des bactéries.
Les
membranes plasmiques des cellules bactériennes doivent remplir un grand nombre
de rôles différents. La membrane plasmique maintient le cytoplasme,
spécialement dans des cellules qui n'ont pas de paroi et sépare le cytoplasme
de l'environnement extérieur. La membrane cytoplasmique sert aussi de barrière
perméable sélective : elle permet aux ions et aux molécules de passer vers
l'intérieur ou l'extérieur de la cellule tout en empêchant d’autres d’entrer et
de sortir. Elle prévient donc la perte de substances essentielles et permet le
passage d'autres molécules. De nombreuses substances sont incapables de
traverser seules la membrane plasmique. Des systèmes de transport sont utilisés
pour le transport d'éléments nutritifs, le rejet de déchets et la sécrétion de
protéines. La membrane plasmique bactérienne est aussi le site d'une série de
processus métaboliques essentiels : la respiration, la photosynthèse, la synthèse
des lipides et des constituants de la paroi cellulaire et probablement la
ségrégation chromosomique. Enfin les membranes contiennent des molécules réceptrices
spéciales qui permettent à la bactérie de détecter et de répondre à des
substances chimiques présentes dans leur environnement. En conclusion, la
membrane plasmique est essentielle à la survie des micro-organismes.
No comments:
Post a Comment